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Du français dans les institutions au français pour s’insérer
Quel rôle les pouvoirs publics donnent-ils au français dans la vie collective ? De l’ordonnance de Villers-Cotterêts aux dispositifs de formation linguistique, quelques repères éclairent la place de la langue dans les institutions, l’éducation et les parcours d’insertion.
Christel Ceccotto · Formatrice FLE et fondatrice au CLF Centre de Langue Française
Dans cet article
Qu’est-ce qu’une politique linguistique ?
Une politique linguistique organise les relations entre les langues et la société. Elle touche à leur statut, par exemple à leur usage dans les institutions, et à leur corpus, notamment au lexique et à ses normes. Louis-Jean Calvet distingue les évolutions issues des usages des locuteurs, dites in vivo, des interventions organisées par les institutions, dites in vitro.
Le français occupe une place particulière dans les institutions françaises. Dans la vie quotidienne, il coexiste avec des langues régionales, des langues familiales et des usages variés du français. Ce plurilinguisme compte pour la formation des personnes qui apprennent le français après leur arrivée en France.
Quatre repères historiques
- 1539 · L’ordonnance de Villers-Cotterêts
- Sous François Ier, l’article 111 prévoit l’emploi du français dans les actes et procédures de justice qu’il vise. Ce texte marque une étape dans l’usage institutionnel du français.
- 1635 · La fondation de l’Académie française
- Le Dictionnaire de l’Académie française contribue à fixer des repères d’usage. Sa première édition paraît en 1694. Le quatrième et dernier tome de la neuvième édition paraît en 2024.
- 1992 · L’inscription du français dans la Constitution
- La révision constitutionnelle du 25 juin 1992 inscrit à l’article 2 le principe suivant : « La langue de la République est le français. »
- 1994 · La loi Toubon
- La loi du 4 août 1994 encadre l’emploi du français dans plusieurs domaines de la vie publique. Dans les situations qu’elle vise, elle prévoit aussi les conditions dans lesquelles des traductions peuvent accompagner le français.
Apprentissage, diplômes et insertion
À partir de 1985, la création du DELF et du DALF donne aux apprenants la possibilité de faire reconnaître leurs compétences en français. La réforme de 2005 réorganise ces diplômes autour des niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).
Dans les années 2000 et au début des années 2010, les politiques d’accueil et d’intégration accordent une place croissante à la formation linguistique. Le contrat d’accueil et d’intégration (CAI) et la création du label « Français langue d’intégration » (FLI) en 2011 illustrent cette évolution.
Repère de lecture. Les dispositifs évoqués ici sont replacés dans leur contexte historique. Pour une démarche de séjour ou de naturalisation, consultez les conditions applicables à votre situation sur Service Public.
Ce que cela change pour la formation
Une certification permet d’attester un niveau. L’insertion se joue aussi dans des situations concrètes : comprendre une consigne de travail, prendre rendez-vous, lire un courrier administratif ou expliquer une difficulté. Pour construire un parcours utile, la formatrice part des usages dont la personne a besoin et tient compte de ses acquis, de ses langues et de son projet.
Les politiques linguistiques éclairent ainsi les choix de formation. Elles aident à comprendre pourquoi certaines compétences sont demandées et à les relier aux démarches et aux échanges que les apprenants rencontrent réellement.
Références et textes officiels
- Louis-Jean Calvet, Les politiques linguistiques, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1996.
- Ordonnance de Villers-Cotterêts, articles 110 et 111.
- Académie française, la neuvième édition du Dictionnaire.
- Loi constitutionnelle du 25 juin 1992, article 1er.
- Loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française.